:: radiogerard.fr.fm :: Les textes de Lebénado : le Moyen-Âge

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TEXTES DE LEBÉNADO

Préhistoire - Gaulois - Moyen Age - GégéLand - Quasiclodo

Lebénado raconte l'histoire aux enfants : le Moyen-Âge

Le but de cette leçon n'est évidemment pas de vous bourrer le mou avec ce que vous apprenez (ou ce que vous avez appris à l'école), c'est à dire une simple succession de dates et de periodes qui ont marqué le Moyen-Âge.

Non en fait il s'agit de vous conter ce qu' été la triste vie des gueux sous l'ancien régime, d'Hugues Capet à Louis XVI. La simple évocation du gueu devrait suffir à vous faire penser à Gégé Cousin dit "le Batard" ou "le bossu de nos trous d'balles" (ses surnoms de l'époque). En effet, nul besoin d'établir une chronologie rebarbative : les générations de Cousin qui se sont succédées n'ont cessé d'être de vils serfs à la botte des seigneurs de Suresnes.

Attardons-ous donc sur l'existence lamentab'e du vilain personnage sous le règne du seigneur aimé de tous (sauf un) sévissant alors... Babouin Le Bref. Babouin regnait en maitre sur ses vassaux mais demeurait juste, ce qui maintenait une serenité peu commune dans le riant hameau.

En cette année 1399, la vie poursuivait son cours calme et paisib'e. Du haut se son chateau du mont Valerien, Babouin scrutait ses serfs suant sous le sulfureux soleil. Un sourire béat illuminait son auguste visage... Il ignorait tout du cataclysme qui se préparait. Non loin de là, titubait sur un chemin un triste personnage en guenilles. Il avait abandonné son chariot à quelques lieues de là victime d'un accident de la circultion. Le regard exorbité, la moustache tombante, la machoire clairsemée, il tirait une langue gonflée par le manque de boisson fermentée. Apercevant une grosse paysanne attelée à son araire, il la héla violemment :

“Hoooo, la gueuse, fait moi porter de la vinasse, j'ai la pépie !”

Outrée, la pauvre grosse n'osa mot dire... et retourna à ses menus travaux. L'ignob'e personnage, mis hors de lui, se jeta sur la paysanne, la frappa violemment et lui soutira les quelques écus qu'elle conservait dans sa bourse. Il crut bon d'ajouter :

“Bon ben je vais mett'e les points sur les zi! J'suis Cousin-Des-Bois et je vole aux pauv'es pour me payer mes ripailles!”

La bonnasse pour se defendre pretendit qu'elle se nommait Christine mais un fulgurant direct du gauche la projetta violemment au sol ce qui lui ôta toute prétention à la rebellion.

Gérard repris la route en direction de Suresnes où il comptait se faire heberger chez quelques benêts. Etrangement, bien qu'arpentant des lieux où le soucis d'hygiene ne semblait pas etre une priorité, il inspirait invariab'ement rejet et degoût aux pauvres herres qu'il croisait (on se demande bien pourquoi). Etait-ce le doux parfum émanant de ses pieds noirs et nus, ou bien l'odeur fétide et pestilentielle de sa bouche édentée ? Qui sait... En tous les cas, nul ne souhaitait accueillir Gégé dans sa chaumière.

Dépité, ce dernier s'effondra dans une taverne lugubre et commanda moults pichets. L'incident se produisit au moment de payer l'aubergiste. L'ignob'e clodo jeta en effet sur la table les écus de la grosse christine... au moment même où le charmant pachiderme pénétra dans la salle : “C'est mon argent l'aubergiste il a volé dans ma bourse !” Ce dernier, interpellé, saisit le fameux Cousin-Des-bois par la tignasse et le projette au sol ! “Traitre, Judas, tu voulais me rouler! Tu finiras au cachot, je m'en vais prestemment quérir l'avis de notre seigneur !”

C'est ainsi que Gégé finit dans les geôles de la forteresse de Babouin. Celui-ci, pris d'un élan de bonté, lui proposa cependant un marché : “Tu pourras vivre libremement à condition que je puisse disposer de toi comme je l'entends et quand je le souhaite ! Et qu'il en soit ainsi pour toute ta descendance ! Foi de Babouin, ce n'est pas un roturier qui dictera sa loi chez moi ! Tout d'abord, j'ai pour toi une activité toute trouvée : tu seras le bouffon de Max le Conquérant, preu chevalier seigneur de Paris. Je te conseille de le faire rire lorsque nous débatrons lors des banquets ! Mais prend garde ! La moindre incartade, la moindre insulte te vaudra de ma part des represailles farouches !”

Durant quelques temps, Gégé, pas peu fierot d'etre ainsi exposé en public, parvint à peu pret à remplir son office. Mais ses abus de boisson, ses frasques dans les latrines (sodomies, pipes, démoulage de galettes, viols divers...) ainsi que son attitude invivab' à la cour de Max, lui valurent de plus en plus de reproches. La vindicte populaire fit son oeuvre : une fronde anti Cousin se ligua contre l'ignob' clodo. Nombre de méfaits furent commis. Comme promis, Babouin le Bref mit sa contribution à la destruction mentale (deja bien entamée, il est vrai) du déchet. Ainsi, lettres de menaces signées Anne Aunime (elle est vieille celle la mais bon... il faut noircir la feuille ), lapidations, crachats, colombins sur le pas de la porte furent légion.

Pourtant, un beau jour, une "charmante" dresseuse d'ours eu pitié du père Cousin. Aussi jolie que ces valeureux plantigrades elle avait pour habitude de prendre sa douche sous les latrines des chateaux (c'est sympa comme système : chier dans le vide... par contre les ennemmis pouvaient t'envoyer des fleches dans l'anus). C'est pourquoi elle avait la peau si luisante et les tresses si grasses. Elle plût immédiatement à Cousin Des Bois qui lui fît bon nombre de déclarations d'amour en vers... que de romantisme : “je voudrais te dire je t'aime dans le creux de l'oreille... je voudrais sucer des rennes...”

Leur histoire fût pour le moins chaotique... Pour preuve, ils procréèrent mais abandonnèrent lachement leur chiard. Une génération de batard de la DASS était née... Une génération de Gérard qui n'etait pas prête de s'arrêter.

Curieusement, Gérard vécut assez vieux sous le règne de Babouin, puisqu'il mourût à 39 ans. Ni de cyrhose, ni de vérole, mais simplement par inadvertence, en glissant sur une merde déposée devant chez lui par un royal serviteur de Babouin qui, enfin, avait réussi à accomplir sa vengeance. Le brave seigneur fit alors pression pour qu'une des trainées qu'il avait sorti du ruisseau, la Françoise (à prononcer avec un accent de bouseux) soit prise sous l'aile protectrice de Max. Il en fut ainsi.

Ils se marrièrent et eurent beaucoup d'enfants... non la j'déconne, c'est pas un comte de Perrault.

Quoi qu'il en soit, on pourrait bien retrouver notre camarade Cousin dans de nouvelles aventures au cours des siècles.

Alors d'ici là, bonne révision mes fillots!

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